aux assises de la Marne, l’affaire Anaïs Guillaume

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Céline Gillet est morte écrasée par une vache. C’était le 3 janvier 2012, le jour venait de se lever sur les Ardennes. Elle avait mené le bétail à la salle de traite, la pluie qui s’était engouffrée sous le toit en tôle avait rendu la paille glissante, et la dernière vache du troupeau, soudain prise de panique, avait perdu l’équilibre et fauché dans sa chute l’agricultrice de 34 ans, dont la tête avait heurté une barrière. La femme était restée au sol, l’animal s’était relevé, mais avait glissé de nouveau, tombant cette fois de tout son poids sur la victime.

Voilà ce que Philippe Gillet a raconté lorsque les premiers secours ont débarqué dans sa ferme, posée au bord de la départementale, entre Fromy et Margut (Ardennes). A leur arrivée, l’agriculteur, une figure locale, était dans un tel état d’agitation qu’il avait fallu appeler les gendarmes en renfort pour qu’il cesse de gêner les pompiers dans leurs tentatives de réanimation, finalement vaines. Un peu à l’écart du tumulte, une jeune femme blonde aux joues rouges avait assisté à la scène : Anaïs Guillaume.

Cette apprentie était entrée à la ferme quatre mois plus tôt, en alternance dans le cadre de son bac pro agricole, avec l’idée d’avoir un jour sa propre exploitation. Une idylle s’était tout de suite nouée entre la joviale étudiante de 20 ans et Philippe Gillet, vingt ans de plus et père de deux filles. La relation, d’abord secrète, puis officielle après la mort de Céline Gillet, était tempétueuse, ponctuée de ruptures. Elles ne duraient jamais, mais, au printemps 2013, l’affaire avait semblé se gâter : Anaïs Guillaume était tombée enceinte, avait avorté et s’était entichée d’un autre amant, plus jeune, moins charismatique mais moins colérique.

Le 16 avril 2013, en fin de soirée, Anaïs Guillaume se rend au domicile de Philippe Gillet. On ne l’a jamais revue.

Sacs de chaux

Quatre jours plus tard, la police belge découvre la carcasse calcinée de sa voiture dans la forêt de Chameleux, à dix kilomètres au nord de Fromy, juste derrière la frontière belge. Ce n’est manifestement pas Anaïs Guillaume qui l’a conduite jusque-là : le siège conducteur est trop reculé pour qu’une personne de 1,69 m puisse atteindre la pédale d’embrayage.

Puisqu’il est le dernier à avoir vu Anaïs Guillaume vivante, Philippe Gillet suscite mécaniquement le soupçon. Sa maison et sa ferme sont perquisitionnées ; ses champs ratissés par des équipes cynophiles, passés au radar géologique, survolés par un hélicoptère à caméra thermique ; on sonde les puits, les bassins de décantation, les silos, la fosse à purin. Rien.

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