la passion selon Bertrand Tavernier

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MYCANAL/CINÉ+ – À lA DEMANDE – SÉRIE DOCUMENTAIRE

Bertrand Tavernier, qui vient de mourir le 25 mars à l’âge de 79 ans, regrettait qu’on prenne sa série documentaire Voyage à travers le cinéma français (2017), d’une durée de 7 h 30 environ, pour la « version longue » de son film (3 h 12) de 2016. Ces deux opus ultimes partagent certes un même titre et un même générique ; mais ils n’ont en effet presque rien à voir l’un avec l’autre et se complètent parfaitement.

Le film prenait d’emblée un tour autobiographique, partant de l’enfance du réalisateur lyonnais et de son « premier choc cinématographique » – une scène de Dernier atout (1942), de Jacques Becker – pour parcourir le cinéma français à l’aune de sa formation cinéphilique et professionnelle, en s’attardant notamment, et assez longuement, sur la figure de Jean Gabin et celle d’Eddie Constantine.

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Si, dans la série (huit épisodes thématiques affriolants d’érudition parfois excentrique), Tavernier réaffirme sa passion pour les acteurs – et notamment pour ces seconds rôles dans les films des années 1930 dont il semble parfois être le seul à avoir gardé le souvenir –, il s’attache avant tout aux réalisateurs : Mes cinéastes de chevet,  Les Cinéastes étrangers dans la France d’avant-guerre, La Nouvelle Vague de l’Occupation, Les Oubliés, etc.

Amateur suréclairé plutôt qu’historien patenté, Tavernier compose ainsi son paysage de fantaisie cinématographique, aussi égoïste que partageur, commenté avec une rare finesse et un humour délicieux. Lisant parfois sur un prompteur, semblant à d’autres moments improviser ou conversant avec son ami Thierry Frémaux – à l’Institut Lumière de Lyon, que Tavernier présidait depuis sa création en 1982 –, le cinéaste revient ici aussi sur sa formation et son premier métier d’attaché de presse au service exclusif des films qu’il aimait.

Jubilation contagieuse

Dans le long-métrage de 2016, Bertrand Tavernier insistait sur l’importance des compositeurs de musique de film, notamment celle de Maurice Jaubert, qu’il considère comme « le plus grand à cette époque ». Epoque qui sera cantonnée aux années 1930 : Jaubert meurt au front le 19 juin 1940, quelques mois après avoir livré sa dernière partition, pour Le jour se lève (1939), de Marcel Carné, avec qui il avait également collaboré pour Drôle de drame (1937), Le Quai des brumes (1938) et Hôtel du Nord (1938).

Dans la série, la musique de film prend une place plus grande encore. Tavernier célèbre de grands noms (Jaubert encore, Arthur Honegger, Georges van Parys, etc.) mais aussi d’autres, moins connus, comme Jean-Jacques Grunenwald, organiste célèbre mais auteur oublié de partitions pour Robert Bresson, Jacques Becker et Michel Deville. Tavernier rappelle aussi le cas de Jean Grémillon, musicien professionnel qui découvrit le cinéma en accompagnant au piano des films muets, et consacre la moitié d’un épisode à « l’importance dramaturgique » de la chanson de film.

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Bertrand Tavernier avait dû boucler à contrecœur le contenu de ces huit épisodes : « Ça n’en finit jamais (…) : je viens de découvrir deux films de Jean Boyer et un de Jacqueline Audry », disait-il lors d’une rencontre publique en 2017. De sorte que la jubilation cinéphilique si contagieuse de ce Voyage dans le cinéma français est mélancoliquement tempérée par le fait que – sauf inédits rendus publics –, cette série ne devrait probablement pas connaître de suite.

Voyage à travers le cinéma français, série documentaire de Bertrand Tavernier (Fr., 2017, 8 × 53-57 min). A la demande sur MyCanal et Ciné+.

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