la réclusion à perpétuité requise contre trois accusés

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Depuis son ouverture, il y a un mois, le procès de la « cellule d’Argenteuil » suit deux lignes qui ne se rencontrent jamais. D’un côté, celle de l’accusation : un attentat majeur empêché de justesse dont – fait rare dans les annales de l’antiterrorisme – on ne sait rien ou presque ; de l’autre, celle des trois principaux accusés, qui nient tout projet terroriste mais revendiquent – fait tout aussi notable – leur engagement djihadiste. Entre les deux, un nuage de non-dits que les quatre semaines d’audiences auront tenté de dissiper, avec plus ou moins de succès.

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Ces deux singularités, le ministère public les a longuement évoquées, mardi 6 avril, au moment de faire ses réquisitions. « Nous n’avons pas les réponses à toutes les questions », a reconnu l’avocate générale en demandant la réclusion criminelle à perpétuité, assortie de vingt-deux ans de sûreté, contre les trois principaux accusés : Réda Kriket et Anis Bahri, deux délinquants radicalisés, et Abderrahmane Ameuroud, un vétéran du djihad afghan. Contre leurs quatre soutiens logistiques ont été requis entre quatre et treize ans de prison.

Les sept accusés, jugés pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, encouraient théoriquement vingt ans de réclusion, peine maximale prévue pour ce chef à l’époque des faits (elle a depuis été portée à trente ans par la loi du 22 juillet 2016). Si les trois principaux accusés encourent aujourd’hui la perpétuité, c’est parce qu’ils sont poursuivis en situation de récidive légale. « L’accusation n’a ni thèse, ni hypothèse, insiste l’avocate générale pour justifier ses réquisitions. Elle a des faits qui ne laissent place à aucun doute : ce qui a été saisi à Argenteuil était destiné à commettre un attentat sanglant. »

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Le 24 mars 2016, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) avait interpellé Réda Kriket, un délinquant francilien de 39 ans soupçonné de s’être rendu en Syrie un an plus tôt avec son ami Anis Bahri. En menant une perquisition dans un appartement qu’il louait sous un faux nom à Argenteuil (Val-d’Oise), les policiers étaient tombés sur un arsenal de guerre : treize armes, dont six kalachnikovs, des centaines de munitions et de billes d’acier, onze chargeurs, plusieurs kilos d’explosifs, des litres de précurseurs et des systèmes de mise à feu artisanaux.

« N’importe qui, n’importe où »

« Alors quelles victimes ? Quelle cible ? Je ne vais pas vous mentir, le dossier n’en dit rien. Est-ce pour autant qu’il n’y a pas de projet d’attentat ? Non. La cible est indifférente, poursuit l’avocate générale, en rappelant le périmètre de l’infraction jugée par la cour d’assises spéciale de Paris. Le code pénal n’impose pas que la cible soit définie pour que le crime soit constitué. Et s’il ne l’impose pas, c’est justement parce que le ressort du terrorisme c’est de frapper indistinctement, n’importe qui, n’importe où, dans l’unique but de semer la terreur. »

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