Le Krump, danse urbaine superbement énervée

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Un mot : krump. Essayez-le pour voir. Laissez-le monter en bouche, racler la gorge, et crachez-le en montrant les dents. Le prononcer, c’est déjà vivre la rage intime qui a trouvé un exutoire dans la danse, au début des années 2000, dans le ghetto de South Central, à Los Angeles. C’est là que naît le krump, comme le raconte avec flamboyance le film Rize, réalisé en 2005 par David LaChapelle. Et c’est en découvrant ce documentaire à sa sortie que Grichka Caruge, pionnier du krump en Europe, bascule du côté de ce style urbain superbement énervé. « Je suis allé voir Rize cinq fois de suite et j’y ai emmené tous mes proches, se souvient-il. Je tremblais, je pleurais tellement j’étais impressionné. Il y avait une telle puissance dans cette danse au-delà du geste que je me sentais transcendé. On me disait que ma danse hip-hop était trop énergique, j’ai choisi le krump. »

Porte-étendard du mouvement, Grichka Caruge, qui appartient au collectif Madrootz, rassemblant des personnalités françaises et internationales, ouvre, samedi 3 avril, à la Grande Halle de la Villette, à Paris, la 8e édition de l’un des quatre battles les plus prestigieux : l’International Illest Battle. Aux côtés de l’allemand EBS, du russe Krumpire, du japonais KOB, le tournoi français, créé en 2013, est une plate-forme pour la communauté hexagonale, qui compte quelque 230 krumpers, mais aussi mondiale, avec 8 000 performers repérés. « Le krump n’est pas encore grand public comme le hip-hop, mais ça bouge, affirme Grichka Caruge. C’est une danse difficile qui demande beaucoup d’effort physique et de rigueur. Certains commencent, puis abandonnent. »

« Codes de la rue »

Si des cours s’offrent aujourd’hui aux curieux, Grichka Caruge, lui, a filé dès 2006 à Los Angeles rencontrer les fondateurs Tight Eyez et Big Mijo. Il a découvert à leurs côtés l’histoire du mouvement, ses racines, ses codes. A l’origine, le danseur Tommy le clown anime des goûters d’anniversaire avec son groupe de « hip hop clowns ». La danse s’invente comme formalisation de la violence quotidienne. Dans les battles qui se jouent dans la rue, le krump, plus tendu, plus brut, se dégage bientôt du clowning. « Le clowning était plus festif avec Tommy qui mettait sa perruque et son maquillage de clown pour divertir, poursuit Grichka Caruge. Mais le krump est devenu plus populaire, plus revendicateur aussi. Ses codes, qui viennent de la rue, se sont mis en place, en phase avec la réalité très dure qui était celle de Los Angeles. »

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