le retour à la « vie d’avant », un objectif ambitieux malgré la vaccination


Un retour « à la vie d’avant » est-il envisageable à l’automne ? C’est à cette question qu’une équipe d’épidémiologistes a tenté de répondre dans un article mis en ligne mardi 6 avril sur le site de l’Institut Pasteur.

Les scientifiques ont exploré plusieurs scénarios, avec différentes hypothèses concernant le nombre de personnes vaccinées d’ici au 1er septembre, et les caractéristiques du virus dominant à cette date. Selon leurs estimations, seuls 25 % à 35 % des Français pourraient avoir été infectés par le virus d’ici là, ce qui signifie qu’un niveau de vaccination très élevé devra être atteint pour que l’épidémie reste « sous contrôle ».

Dans leurs scénarios, les modélisateurs (Institut Pasteur, Inserm, Santé publique France, Ecole des hautes études en santé publique) ont calculé combien de personnes devaient être vaccinées pour que le nombre d’admissions quotidiennes à l’hôpital ne dépasse pas 1 000, soit trois fois moins que ce qui a été observé lors des deux premières vagues au printemps et à l’automne.

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Le premier scénario, « optimiste », prend pour hypothèse un taux de transmission (« R ») du virus de 3, ce qui signifie qu’en l’absence de mesures de contrôle (masques, gestes barrières, distanciation sociale etc.) chaque personne contaminée en infecte trois autres ; c’est ce qui avait été observé au printemps 2020, avant leur mise en place. Dans ce cas, les Français pourraient recommencer à vivre « comme avant » avec une vaccination de 90 % des plus de 65 ans et de 70 % des 18-64 ans.

« Grandes inconnues » du fait des variants

Cependant, compte tenu de la diffusion de variants plus contagieux, les scientifiques jugent plus « réaliste » l’hypothèse d’un taux de transmission du virus de 4. Or, dans ce cas, des mesures devraient être maintenues pour réduire la circulation du virus – de 15 % à 27 % par rapport à un relâchement total – et rester sous le seuil des 1 000 hospitalisations quotidiennes. A quoi cela correspond-t-il ? « Ce sera sans doute un mélange de différentes mesures », explique Simon Cauchemez. « Difficile de dire si le seul respect des gestes barrières, et du tester-tracer-isoler serait suffisant ou pas », estime le modélisateur en rappelant que leur impact respectif sur la dynamique épidémique n’a pas été quantifié.

Le confinement strict du printemps 2020 et le confinement allégé de l’automne 2020 s’étaient traduits par une réduction du taux de transmission de 80 % et 70 %, respectivement. Dans l’entre-deux, quand les mesures de contrôle ont été en partie relâchées, cette diminution était encore de 50 % à 60 %.

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